MATERIAUX TRADITIONNELS EN CONSTRUCTION ET EN DECORATION Les murs des maisons de Fès sont chaux , en sable et en briques. Le ciment n'a jamais utilisé en construction traditionnelle. Le mélange de chaux et de sable doit être travaillé à l'avance pour être robuste (il était d'usage de préparer le mélange avant le pèlerinage à la Mecque, et il était prêt au retour), ce qui constitue une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens ne plus maintenant utiliser ces matériaux. L'avantage de la chaux est que les murs "respirent", ce qui rend les maisons plus fraîches l'été, et plus chaudes l'hiver. De plus, les fissures des murs en chaux seraient capables de se "cicatriser" toutes seules peu à peu. Les murs extérieurs étaient finis en Medluk , fait d'un sable extrêmement fin, de chaux, de blanc d'oeuf, et de traditionnel savon doux issu de sous-produits de l'olive. Le Medluk devient avec le temps d'un bel effet marbré. De simples motifs géométriques sont souvent imprimés ou sculptés dans le Medluk (voir les murs extérieurs de la Mosquée Qaraouyine). A Marrakech, ce mélange qui est appelé "Tadelakt" , légèrement plus fin et plus brillant à cause de la différence entre le sable et la chaux des 2 villes. De nos jours le Tadelakt est souvent coloré et est devenu très à la mode pour les murs intérieurs. De bons exemples de Medluk récent sont les murs intérieurs du Musée Neijjarine, les murs extérieurs de Dar Adiyel et de la Médersa Bou Inania. Les salles de bains de beaucoup de récentes Maisons d'hôtes sont faites en Tadelakt. Les poutres de tous les plafonds, aussi bien que les portes et les fenêtres, sont en Cèdre . Des planches de cèdre sont placées sur les poutres, puis près de 40 cm de sable et de gravats de blocage sont ajoutés en isolation, puis un mélange de sable et de chaux, puis une couverture de zelliges. Parfois un second appareil de poutre est ajouté sous le toit, auquel est apposé des plafonds sculptés et peints. Un espace est maintenu entre les deux pour augmenter l'isolation. Tous les sols intérieurs et la terrasse sont prévus avec une pente légère qui conduit à une grille d'évacuation. Les tuyaux d'écoulement des anciennes maisons étaient des cylindres en céramique posés bout à bout. Le zellige Il y a différents types de carrelage en zellige traditionnel. Le plus simple est un carreau épais en terre cuite, taillé après cuisson, qui peut être carré, octogonal ou en longs rectangles. Parfois des carreaux naturels, non vernissés sont utilisés pour les terrasses ou des pièces modestes, et quelquefois des petits carrés vernissés sont insérés au milieu pour mettre une touche de couleur. Des carreaux rectangulaires vernissés verts et blancs, en motifs de zigzags sont la norme dans les cuisines. Les autres genres de zelliges à Fès sont issus de carreaux carrés d'environ 10cm qui sont taillés en petites pièces avec une sorte de marteau à ciseler, puis assemblés en motifs variés parfois très compliqués. Au Nord du Maroc, vers Tétouan et Tangers, les mêmes pièces sont découpées avant cuisson et glaçure, ce qui a pour conséquence une apparence plus tridimensionnelle et des joints plus épais entre chaque. Le bon zellige de Fès est plane, avec des pièces extrêmement petites avec joints presque invisibles. Les couleurs traditionnelles les plus courantes sont le noir, le blanc, le vert, le bleu, et l'ocre jaune. Le motif le plus fréquent est un carré de couleur, entourés de carrés noirs, entourés à leur tour de carrés de couleur, etc....avec des blancs entre. On trouve toujours une alternance couleurs foncées (vert, bleu) et claires (jaune). Une autre technique fassie (de Fès) consiste à retirer partiellement la glaçure, pour donner un contraste entre la couleur de la terre cuite et celle qui reste en glaçure. On utilise cette technique pour les dessins de calligraphie arabe et les motifs floraux. Le zellige est utilisé sur le sol de toutes les pièces, et sur les plinthes autour des pièces. Dans les maisons anciennes cette plinthe était de 10 à 20 cm, mais au 19ème la mode fut d'avoir des zelliges beaucoup plus haut sur les murs des salons. Cette panneau plus larges étaient faits en ordonnant les carreaux à l'envers sur une surface plane, en versant un mélange sable-chaux (ciment désormais) dessus, puis en le redressant et en le fixant au mur. Des deux cotés de l'entrée de chaque pièce on trouve des panneaux de zellige, quelquefois en haut une frise de calligraphie (poésie ou verset du Coran). Au sol de l'entrée il y a un premier panneau assorti à ceux des embrasures, suivi d'un large cadre décoré, comme pour accueillir l'invité. Le restant de la pièce peut de contenter de zelliges plus modestes, puisque souvent recouverts de coussins et tapis. Dans les maisons luxueuses, il y a souvent des dalles de marbre dans la cour et l'entrée des salons, séparées par des bandes de zellige colorées. La face intérieure des murs de la maison est recouverte de simple plâtre , non peint. Une fois de plus, ceci permettait aux murs de "respirer" et aidait à garder la maison fraîche et sèche l'été. De temps en temps, une nouvelle fine couche de plâtre pouvait être ajoutée, et lorsque cela devenait trop épais, tout devait être retiré avant de remettre une couche neuve. Du plâtre ciselé décoratif est utilisé au-dessus et autour des portes et des fenêtres, et sous le plafond. Le plâtre est appliqué sur le mur, un dessin est gravé, puis sculpté sur place. Des couleurs naturelles, identiques à celles des zelliges et des boiseries, furent ajoutées pour mettre en valeur les dessins ou la calligraphie, mis la plus grande partie des plâtres sculptés fut laissée telle quelle. On trouve souvent une date (du calendrier islamique), au centre du panneau de plâtre situé au-dessus de la porte d'un salon, mais il s'agit de la date d'achèvement de ce panneau, et presque jamais de la date réelle de construction de la maison elle-même. Il est courant d'avoir une maison de 6 siècles, avec des zelliges, des plâtres et des boiseries datant de moins de 2 siècles, tout ceci devant être renouvelé tous les 100 ou 200 ans. Les plus anciennes maisons de Fès étaient très colorées et très gaies, avec des couleurs sur la plupart des portes, des fenêtres, des plafonds, des plâtres ciselés et des sols. C'est seulement vers la fin du 19ème et du début du 20ème siècles qu'il devint à la mode de laisser les bois sculptés et les plâtres nus, probablement à l'image des très vieilles demeures, dont les pigments s'étaient fanés ou étaient partis à cause des intempéries et du soleil...). David Amster, traduction de William Artus
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